Lieux d'Europe

Colloque international

Centre européen - Château de Coppet

18-19 mars 2005 


Communications

 

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Denis BERTHOLET

Lucian BOIA

Sofia DASKALOPOULOS

Pascal DETHURENS

Stella GHERVAS

Silvio GUINDANI

Vladimir ILIESCU

Olga INKOVA

Bertrand LEVY

Michel PASTOUREAU

Krzysztof POMIAN

François ROSSET

Nicolas VERNICOS

Luc WEIBEL

 

L'Italie rêvée des romanciers

Denis BERTHOLET

(Institut européen de l'Université de Genève)

 

La naissance du mythe italien dans le roman européen à la fin du XVIIIe siècle. L'exemple de Goethe et de Wilhelm Meister. Comment l'Italie imaginaire de Goethe reprend et continue les représentations classiques du paradis, en les associant à une série renouvelée de questions : désir et nostalgie, sexualité et art, tabou de l'inceste et organisation sociale.

 

Denis Bertholet

Docteur ès lettres de l'Université de Genève, il a poursuivi ses travaux à Paris en tant que «chercheur avancé» du Fonds national suisse de la recherche scientifique, puis à l'University of California Los Angeles (UCLA) en tant que «visiting scholar». Après une série de recherches et publications consacrées à l'histoire des mentalités et aux récits de vie, il s'est consacré à une série de biographies qui proposent une traversée du XXe siècle intellectuel. En tant qu'éditeur, il a été responsable des éditions de la Baconnière et lecteur aux éditions Georg. Il dirige actuellement la collection Illico aux éditions Infolio.

 

Principales publications :

-          Sartre, l'écrivain malgré lui, Gollion, éditions Infolio, 2005.

-          Claude Lévi-Strauss, Paris, Plon, 2003.

-          Sartre, Paris, Plon, 2000 (rééd. 2005, collection Tempus).

-          Paul Valéry, 1871-1945, Paris, Plon, 1995.

-          Les Français par eux-mêmes, 1815-1885, Paris, Olivier Orban, 1991.

-          Le bourgeois dans tous ses états. Le roman familial de la Belle-Epoque, Paris, Olivier Orban, 1987.

 

5 Début

 

 

 

 

Les frontières de l'Europe : réalités, imaginaire, idéologies

Lucian BOIA
(Université de Bucarest)

 

Les frontières (extérieures et intérieures) de l'Europe expriment à la fois des réalités structurelles, physiques et humaines, et des représentations qui trouvent leur origine dans l'imaginaire et les idéologies. En effet, comment tracer d'une manière objective la frontière orientale du continent ? Comment « partager » le bassin méditerranéen (qui fut longtemps un ensemble cohérent de civilisation) entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique ? La réponse à ces questions tient moins de la géographie que des évolutions historiques et des choix idéologiques. Quelle importance accorder à la frontière qui sépare l'espace occidental, catholique et protestant, de l'espace oriental orthodoxe ? Est-ce que le modèle de Max Weber opposant l'Europe catholique et l'Europe protestante est-il satisfaisant ? Comment définir l'Europe centrale, concept aux fortes connotations idéologiques et particulièrement extensible ? Enfin, il y a toute l'histoire des frontières linguistiques, ethniques, nationales, d'importance très limitée au Moyen Age, mais exacerbées à l'époque moderne, avant de connaître de nos jours une phase d'atténuation. Actuellement, le projet européen pose un double problème de frontières : délimiter l'Union par rapport au reste du monde et définir le rôle nouveau des frontières traditionnelles séparant les nations et les Etats du Vieux Continent.

 

 

Lucian Boia

Professeur à la Faculté d'Histoire de l'Université de Bucarest et directeur du Centre d'Histoire de l'Imaginaire. Auteur de nombreux ouvrages concernant l'histoire des idées et une variété de mythologies historiques, scientifiques et politiques.

Publications récentes :

-                       Pour une histoire de l'imaginaire, Paris, Les Belles Lettres, 1998.

-                       La mythologie scientifique du communisme, Paris, Les Belles Lettres, 2000.

-                       History and Myth in Romanian Consciousness, Budapest - New York, 2001.

-                       La Roumanie, un pays à la frontière de l'Europe, Paris, Les Belles Lettres, 2003.

-                       L'Homme face au climat. L'imaginaire de la pluie et du beau temps, Paris, Les Belles Lettres, 2004.

 

5 Début

 

 

 

 

Lieux sacrés en Grèce moderne. Le cas de l'ile de Lesvos

Sofia Dascalopoulos

(Université de l'Egée)

 

L'île de Lesvos est devenu avec ses lieux sacrés et ses grandes fêtes religieuses un lieu de pélérinage non seulement pour les insulaires, les Grecs du continent et les Chypriotes, mais aussi pour la dispora hellénique. Parallélement, la situation géographique de Lesvos, entre la Grèce et la Turquie, ainsi que la relation historique de l'hellénisme avec les Côtes de l'Asie Mineure, offrent à la population locale la possibilité de continuer ses relations privilegiées avec les régions "d'en face", tout en developpant un tourisme religieux avec la coopération du Patriarcat de Constantinople. De vieux lieux sacrés se réactualisent et de nouveaux apparaissent, activés par une volonté de continuité identitaire.

 

Sofia Dascalopoulos

Docteur en anthropologie sociale et historique (EHESS), Sofia Dascalopoulos  est professeur d'anthropologie culturelle au département de Technologie culturelle et communication de l'Université de l'Egée (Mytilène) et Directrice du Laboratoire de Muséologie. Vice Recteur de l'Université de l'Egée, Chef du Département de Technologie culturelle et communication et Coordinatrice institutionnelle ERASMUS-SOCRATES. Auteur de plusieurs livres et articles.

 

5 Début

 

 

 

 

Un mythe délocalisé.

Le mythe d'Europe dans l'histoire de l'art : du lieu comme fantasme
Pascal DETHURENS
(Université de Strasbourg)

 

L'hypothèse de départ est de montrer comment, des représentations les plus anciennes du mythe d'Europe et de Zeus aux tableaux de Picasso, de Bonnard et des Surréalistes, l'Europe comme lieu ou comme espace est peu à peu devenue le lieu ou l'espace d'un fantasme.

 

Pascal Dethurens

Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, Professeur de littérature générale et comparée à l'Université de Strasbourg, Directeur de l'Institut de littérature comparée de cette Université. Principaux champs de recherches sur les imaginaires et les représentations de la culture européenne.

Publications récentes :

-          Ecriture et culture. Ecrivains et philosophes face à l'Europe (1914-1950), Paris, Champion éd., 1997.

-          Une amitié européenne. Nouveaux horizons de la littérature comparée, Paris, Champion éd., 2000.

-          De l'Europe en littérature. Création littéraire et culture européenne au temps de la crise de l'esprit (1918-1939), Genève, Droz, 2002.

-          Thomas Mann et le crépuscule du sens, Genève, Georg éd., 2003.

 

 

5 Début

 

 

 

 

Odessa, une ville aux confins de l'Europe

Stella GHERVAS

(Institut européen de l'Université de Genève)

 

 

Réactualisée par le récent débat sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et par la crise ukrainienne, la question des confins de l'Europe apparaît de manière contrastée dans le cas d'une ville comme Odessa. Dès son origine, elle a été conçue comme une ville libre et ouverte tout en servant de capitale à la Nouvelle Russie. Construite à l'européenne par des architectes français, elle a vu d'emblée s'installer différentes communautés nationales, et Pouchkine a pu dire à juste titre qu'on y « respire l'Europe».

Néanmoins, Odessa reste d'un point de vue géographique « doublement périphérique » par rapport à la Russie et à l'Europe. Tout au long du XIXe siècle, on y «exile» les intellectuels exclus des capitales de l'Empire des tsars. La ville prospère, mais de Paris, Londres ou Berlin, elle paraît en marge de l'Europe urbaine et culturelle. En 1847, Balzac ne vit lui-même «de la frontière européenne à Odessa qu'un même champ de la Beauce». Le triomphe de la révolution bolchevique introduira une véritable coupure dans l'histoire de la ville et de ses relations avec l'Europe.

Par un jeu de miroirs, le cas d'une ville-carrefour comme Odessa, lieu emblématique d'une Europe multiculturelle et multinationale, dit quelque chose du sens multiple de l'Europe, témoigne de ses déchirements et de ses conflits intérieurs. Elle permet aussi de mieux cerner les contenus de la civilisation européenne et de préciser les contours du Vieux Continent. C'est à l'étude de ces questions que sera consacrée cette communication.

 

 

Stella Ghervas

Maître-assistante à l'Institut européen de l'Université de Genève, Stella Ghervas est docteur en histoire de l'Université de Bucarest et docteur ès lettres de l'Université de Genève.  Ses domaines de recherche portent principalement sur l'histoire culturelle européenne, en particulier les échanges intellectuels entre les pays de l'Est (Russie, Balkans) et l'Occident aux XIXe et XXe siècles. Ils englobent aussi la géopolitique du monde orthodoxe ainsi que l'étude des imaginaires politiques et culturels européens.

Actuellement elle coordonne le Groupe d'études des imaginaires européens (GEIE) du Centre européen de Coppet et enseigne « Ville et culture en Europe » à l'IEUG.

 

Publications récentes :

-          Alexandre Stourdza (1791-1854). Un intellectuel orthodoxe face à l'Occident, Genève, Editions Suzanne Hurter, 1999.

-          « La réception de L'Esprit des lois en Russie: histoire de quelques ambiguïtés », in Le Temps de Montesquieu, Michel Porret et Catherine Volpilhac-Auger (éds), Genève, Droz, 2002, pp. 391-404.

-          « Manuscrits russes dans la Bibliotheca Bodmeriana », in Corona Nova, t. II, Fondation Martin Bodmer Cologny, K.G. Saur Verlag G.m.b.H. München, 2003, pp. 101-126.

-          Penser l'Europe. Quarante ans d'études européennes à Genève (dir.), Genève, IEUG, 2003 (avec Silvio Guindani).

-          « Le philhellénisme d'inspiration conservatrice en Europe et en Russie », in Peuples, Etats et nations dans le Sud-Est de l'Europe, Bucarest, Ed. Anima, 2004, pp. 98-110.

 

Pour l'ensemble des travaux publiés de Stella Ghervas voir : www.ghervas.net

 

 

5 Début

 

 

Lieux de mémoire européens :

espaces ruraux et architecture vernaculaire

Silvio GUINDANI

(Institut européen de l'Université de Genève)

 

L'architecture vernaculaire est l'expression des valeurs de la culture populaire que chaque pays a investies dans l'habitation et ses prolongements. L'habitat vernaculaire a été lentement élaboré au cours des siècles, exécuté avec des techniques et des moyens locaux exprimant des fonctions précises, satisfaisant des besoins sociaux, culturels et économiques. Par le caractère, l'originalité et l'invention, il façonne l'environnement et s'y intègre naturellement.

Pourquoi parler de ce type d'architecture dans le cadre des « lieux de mémoire européens » ? L'architecture vernaculaire n'a pas, à première vue, une portée et une signification spécifiquement européenne ; elle est plutôt la résultante de la rencontre de plusieurs facteurs locaux et régionaux. En effet, ce type d'architecture synthétise la plupart des éléments spécifiques qui caractérisent le territoire ; sa forme, ou mieux ses réponses aux facteurs climatique, topographique, socio-économique, culturel et technique ainsi que sa matérialisation liée aux ressources endogènes, lui confère une charge symbolique considérable. Ce type d'architecture permet à une collectivité de se définir par rapport à son passé, à ses traditions, à son patrimoine et a son espace. L'architecture vernaculaire constitue donc un élément identitaire important du territoire.

Symbole local, symbole régional mais aussi symbole national, l'architecture vernaculaire est étroitement associée à l'histoire de la civilisation rurale et des côtes maritimes (la maison du pêcheur), à ses traditions, modes de vie et systèmes de valeur. Une histoire qui est éminemment locale et régionale, mais qui est souvent récupérée au niveau national notamment dans des pays à tradition fédéraliste comme la Suisse, l'Allemagne, l'Autriche. La Suisse, par exemple, a fait de son architecture paysanne et de « son village » un mythe puissant étroitement lié à la paysannerie de montagne. Déjà à l'occasion de l'Exposition nationale de Genève de 1896, le « village suisse » représentait le thème central et le symbole national par excellence ; aujourd'hui encore, le musée de l'habitat rural de Ballenberg constitue un pôle d'attraction majeur pour les suisses et des nombreux touristes.

Peut-on parler d'une architecture vernaculaire « européenne » ? dans un certain sens oui du fait qu'elle symbolise la diversité et la richesse de l'Europe et qu'elle représente l'expression des nombreuses cultures populaires qui caractérisent notre continent. Ces constructions incarnent un passé mythique -local, régional, national- et une de culture étroitement liée aux potentialités naturelles et humaines du territoire. Dans une période caractérisée par la globalisation de l'économie et le triomphe de la culture de masse, l'architecture vernaculaire permet à une partie des populations européennes de retrouver ses racines et ses repères identitaires.

Silvio Guindani

Chargé d'enseignement et de recherche à l'Institut européen depuis 1985 et responsable des études depuis 2000. Il est aussi co-responsable du bureau d'études Transversal, Groupe interdisciplinaire d'études territoriales à Lausanne. Il a été collaborateur scientifique à l'Ecole Polytechnique de Lausanne et de Zurich et engagé dans des projets de développement régional dans le sud de l'Italie (Région Basilicata).

Publications récentes :

-          Architecture vernaculaire (avec U. Doepper), PPUR, 1990.

-           Vers de nouveaux modes de coopération régionale transfrontalière ? Le cas de la région franco-valdo-genevoise (avec P. Braillard et C. Devouassoux), FNSRS, 1998.

-          "Culture et identité montagnarde en région transfrontalière : la dimension socioculturelle de la gestion des alpages", in Cahiers de la Faculté des lettres, Genève,  2000.

-          "Rhône-Alpes au miroir de la Suisse romande" (avec Jean-Philippe Leresche et Christophe Devouassoux), in La région laboratoire politique : une radioscopie de Rhône-Alpes, Paris, La Découverte, 2001.

-          Penser L'Europe. Quarante ans d'études européennes à Genève (dir.), Genève, IEUG, 2003 (avec Stella Ghervas).

 

5 Début

 

 

 

 

 

Lieux de mémoire du totalitarisme.

L'exemple roumain : Pitesti et Dej

Vladimir ILIESCU

(Université d'Aix-la-Chapelle, Université de Craiova)

 

La Roumanie est un des pays qui a connu quatre formes de dictatures, royale, de droite, militaire et de gauche. La dernière a été la pire, causant de nombreuses victimes, à cause de sa longue durée (1945 - 1989) et de ses buts idéologiques. "La création d'un homme nouveau", "l'homme socialiste" tenait une place importante parmi ces buts; il devait s'accomplir par un processus d'éducation dans tous les secteurs de la vie, surtout dans les secteurs publics, où l'Etat disposait de multiples moyens de contrainte. Les endroits idéaux en étaient évidemment les prisons. C'est ainsi que par tortures physiques et psychiques, on a essayé non seulement de briser la résistance des détenus, mais aussi de les transformer en êtres dociles et autant que possible en de futurs bons "citoyens socialistes". Les pénitenciers de Pitesti et de Dej sont deux lieux roumains de triste mémoire, qui sont devenus des symboles de la répression stalinienne durant les vingt années (1945 - 1965) de la dictature de Gh. Gheorghiu-Dej.

 

Vladimir Iliescu

Professeur d'histoire de l'Europe de l'Est et du Sud-Est à l'Institut d'histoire de l'Université d'Aix-la-Chapelle, professeur-consultant à l'Université de Craiova, Vladimir Iliescu est également président de l'Institut d'études balkaniques de l'Université de Craiova et rédacteur-en-chef de la revue Balcania. Docteur honoris causa de l'Université de Galati et de l'Université de Constanta il est aussi membre-fondateur de l'Institut d'études du totalitarisme de Bucarest (INST). Auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire ancienne et l'histoire de l'Est européen.

 

 

5 Début

 

 

 

Les lieux et les langues :

l'image du « centre » à travers la langue russe

Olga INKOVA
(Institut européen de l'Université de Genève)

 

« Le jeu des altérités dépend essentiellement du concept de centre et du mécanisme qui réunit le centre à la périphérie. Voici une des figures les plus puissantes de l'imaginaire : le centre du monde - qui se trouve toujours là où on veut le placer - représente le domaine de la normalité, le point d'où l'on regarde et d'où l'on juge l'ensemble de l'Univers » (L. Boia, Pour une histoire de l'imaginaire, p. 118). Pour ma part, je me pencherai sur le concept de centre, mais à l'échelle d'un pays, en l'occurrence, la Russie.

 

Le point de vu adopté est essentiellement d'ordre linguistique. Il s'agit, si l'on peut dire, d'une « grammaire anthropologique » qui présuppose qu'une combinaison de mots signifie quelque chose dans le contexte de l'expérience commune d'un peuple qui utilise cette langue. Ainsi, il est bien connu que le centre géographique d'un pays ne coïncide que très rarement avec son centre politique et économique, mais il est aussi bien connu, que Saint-Pétersbourg se trouve dans ce qu'on appelle « la partie centrale de la Russie ». De ces conditions, les propos d'un député de la Douma venant de Saint-Pétersbourg « Je suis un député de la périphérie » doivent, de toute évidence, être interprétés à la lumière de l'éternelle discussion entre les deux capitales rivales. L'analyse du plan des mots doit donc être constamment ramener à celui des consciences et des comportements qu'ils traduisent.

 

De plus, les mots de centre et de périphérie, qui n'ont pas en soi de caractère axiologique, appliqués à l'imaginaire - géographique, historique ou autre -, commencent à former une opposition axiologiquement marquée : centre devient un membre à valeur positive, alors que périphérie acquiert une valeur négative. Tout le territoire du pays est évaluée donc dans le prisme de cette antinomie, ce qui se manifeste dans le choix des moyens lexicaux pour définir l'emplacement 'géographique' de telle ou telle ville. L'analyse des occurrences des mots centre et périphérie et sa comparaison avec une autre opposition - capitale vs province - a permis, d'une part, de cerner les frontières, du reste très floues, de « la partie centrale de la Russie » dans la conscience collective russe et, de l'autre, d'établir qu'au sein de la dichotomie centre vs périphérie qui comprend l'ensemble du pays il existe de nombreux centres 'locaux' dont chacun a sa périphérie, situation qui a donné lieu à une autre opposition - périphérie extérieure vs périphérie intérieure.

 

Olga Inkova

Doctorat en linguistique comparée de l'Université Lomonossov de Moscou (1992). Habilitation (2001) en linguistique historique, typologique et contrastive. Depuis 2001 Olga Inkova est chargée de cours à l'Institut européen de l'Université de Genève. Thèmes de recherches actuels : l'histoire des concepts-clés de la culture européenne, les liens entre la langue et l'imaginaire, l'anthropologie culturelle.

 

Auteur de 2 ouvrages en langue russe :

-          Interférence morphologique (analyse contrastive du français et de l'italien), Moscou, 1993.

-          Les connecteurs d'opposition en français et en russe (étude contrastive), Moscou, 2001.

5 Début

 

 

La place urbaine comme lieu idéal

Bertrand Lévy
(Université de Genève)

 

Nous commencerons par définir la notion de lieu en géographie humaine puis nous développerons « la place urbaine comme lieu idéal ». La place urbaine européenne est à la conjonction de l'urbs (cité construite) et de la civitas (la ville comme espace social). Née en Grèce avec l'agora, qui concentrait les fonctions politiques, civiques, sociales et commerciales,  poursuivie dans Rome avec le forum, la place a connu un développement au Moyen Age et à la Renaissance qui a marqué la géographie de la plupart des villes historiques d'Europe. Ses traits idéaux morphologiques et esthétiques idéaux ont été dessinés par Camillo Sitte (fin du 19e- début du 20e siècle). La place urbaine marque une volonté de construire une ville où l'espace public est caractérisé par une agoraphilie, liée à une esthétique mais aussi à des critères fonctionnels qui favorisent ce phénomène : ce seront les fonctions de lieu de marché, de lieu de rassemblement civique et/ou religieux, qui assureront à la place son caractère de convergence, en même temps que sa localisation idoine dans le champ urbain. Certaines places ont connu une telle renommée et une telle centration des intérêts qu'elles sont devenues des symboles immédiatement associés à telle ou telle ville : Place Saint-Marc à Venise, Place de la Seigneurie à Florence, Campo de Sienne, Place Saint-Pierre à RomeŠ Bien que la place urbaine soit virtuellement présente dans toute l'Europe, nous questionnerons les causes de leur succès en Europe du Sud, du point de vue de leur morphologie, de leurs fonctions et de leur esthétique ainsi que du point de vue de leur usage. Existe-t-il des différences entre Europe du Sud, Europe du Nord, de l'Ouest et de l'Est, quant à la configuration et à l'usage des places ? Enfin, notre questionnement s'adressera aux causes et aux conséquences de ces places utilisées comme pivots de la vie touristique dans certaines villes d'Europe.

 

Bertrand Lévy

Maître d'enseignement et de recherche en géographie, Bertrand Lévy enseigne « Ville et culture en Europe » à l'IUEG.

 

Derniers ouvrages :

-         B. Lévy et C. Raffestin (éds.), Voyage en ville d'Europe. Géographies et littérature, Metropolis, Genève 2004.

-         Le tourisme à Genève. Une géographie humaine, Metropolis, Genève, 2002.

-         Le Voyage à Genève. Une géographie littéraire, 1997, 3e éd. 2001.

-         B. Lévy, C. Raffestin (éds.), Ma ville idéale, Metropolis, Genève, 1999.

 

5 Début

 

 

 

 

Quelles sont les « capitales » de l'Europe médiévale ?

Michel PASTOUREAU
(EHESS, Paris)

 

 

5 Début

 

 

Europe : les topographies mentales

Krzysztof POMIAN

(Musée de l'Europe, CNRS, Université de Torun)

 

Il sera montré dans cette conférence que l'identification et la hiérarchisation  des lieux physiques ou imaginaires censés avoir un lien privilégié avec l'Europe, dépend de la place que les individus ou les groupes qui les opèrent, occupent dans l'espace européen et dans la hiérarchie sociale. Ceci, dans la synchronie. Elle dépend aussi, dans la diachronie, de l'idée que qu'ils se font de leur appartenance à  des collectivités plus larges que la famille  ou la communauté villageoise, et qui varie avec le temps. D'où une pluralité de topographies mentales de l'Europe qui, pour certaines, coïncident et pour d'autres se révèlent difficilement compatibles, voire mutuellement exclusives.

 

5 Début

 

 

 

Infinitude et labilité :
d'une frontière fantôme à l'Est de l'Europe

François ROSSET
(Université de Lausanne)

 

La récente crise ukrainienne n'était pas absolument nécessaire pour nous rappeler l'importance du noeud problématique constitué par la frontière orientale de l'Europe, en particulier celle qui prétend séparer aujourd'hui la Pologne de ses voisins. Pour ce qui regarde cette frontière, l'Union européenne se trouve confrontée à des problèmes difficiles de police, de commerce et de communication, mais on observe clairement que toute discussion sur ces sujets est sous-tendue en profondeur par le flux et le reflux d'images troublantes et dérangeantes qui postulent avant tout la non finitude et la labilité de cette frontière. C'est à l'examen de ces images, de leur formation et de leur pertinence culturelle que sera consacrée la présente intervention.

 

5 Début

 

 

 

 

 

 

Les frontières maritimes et insulaires de l'Union européenne

Nicolas VERNICOS

(Université de l'Egée)

 

L'Union européenne dispose de frontières maritimes et insulaires dans tous les océans de la planète du fait des DOM français et des archipels espagnols et portugais. Le Royaume-Uni dispose quant à lui d'un nombre de «miettes d'empire», qui comme certaines possessions françaises, néerlandaises et danoises, ne font pas partie intégrante de l'UE mais se trouvent au centre d'importantes zones économiques exclusives, parfois sources de conflits à propos de l'exploitation de leurs ressources. Ces territoires océaniques et les îles éparses des Etats membres sont également des pièces stratégiques de l'échiquier géopolitique, pour la police des mers, les forces d'intervention rapide et la surveillance des trajectoires des satellites.

 

Lors de son élargissement à 25, l'UE a admis deux états insulaires en Méditerranée, complétant la continuité de son front méditerranéen, sans toutefois apporter de solution au contentieux greco-turc sur la délimitation de la Mer Egée. En même temps, en mer Baltique, l'entrée de quatre pays riverains dans l'Union a enclavé les ports de la Russie en transformant la Baltique en une mer intérieure.

 

Les frontières maritimes des pays européens, le tracé des eaux territoriales et les délimitations des plateaux continentaux ont parfois de longues histoires (îles anglo-normandes, Helgoland, Malouines, etc.) et ont fait l'objet d'un grand nombre d'accords bilatéraux ou multilatéraux, comme dans le cas de la Mer du Nord.

 

Nicolas Vernicos

Docteur d'Etat ès Sciences économiques, Nicolas Vernicos est professeur d'écologie humaine au Département de Technologie culturelle et communication de l'Université de l'Egée (Mytilène) et Directeur du Laboratoire de gestion du patrimoine culturel (www.aegean.gr/culturaltec/chmlab/).

Ancien fonctionnaire international de l'UNESCO, ancien Vice-Recteur de l'Université de l'Egée. Auteur de plusieurs livres et articles ainsi que du «Framework for Cultural Statistics» de l'UNESCO.

Site internet: www.geocities.com/vernicos

 

5 Début

 

 

 

 

Entre commémoration et monument :

L'exemple du Calvinium de Genève
Luc WEIBEL
(Université de Genève)

 

En 1861, l'historien genevois  Merle d'Aubigné propose de célébrer la mémoire de Calvin par une construction appropriée. Monument, bibliothèque, musée, salle de conférences? Un débat nourri fait apparaître des intérêts divergents. Finalement on réalise une "Salle de la Réformation" s'inspirant d'un modèle londonien. Cette Salle connaîtra son heure de gloire en 1920: elle accueille la première assemblée de la Société des Nations.Occasion de définir un "esprit de Genève" qui recherche ses origines dans l'histoire religieuse et intellectuelle de la "cité de Calvin".

 

5 Début