Stella Ghervas

The Construction of Europe Put to the Test by Its Imaginaries

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Séminaire commun MSHA/Sciences Po Bordeaux 2012-2013

"La construction de l’Europe, à l’épreuve de ses imaginaires"

Responsables : Stella Ghervas, spécialiste de l’Histoire de l’Europe (MSHA), Françoise Taliano-des Garets, professeur d’Histoire contemporaine (Sciences Po Bordeaux), spécialiste d’Histoire politique et culturelle, Alain d’Iribarne, sociologue, président du Conseil scientifique de la MSHA.

Public visé : Chercheurs de toutes disciplines et étudiants en Science politique et en Histoire (niveaux master et doctorat)

Approche : Dans une perspective diachronique, l’idée d’Europe face aux expériences politiques et sociales du XVIIIe siècle à nos jours.

Problématique :
La crise actuelle de l’Union européenne n’est sans doute pas uniquement économique. Elle met en évidence des divergences sur les solutions concrètes à apporter et révèle que l’idée d’Europe est malmenée, avec pour corollaire le réveil de courants nationalistes. Nous serions donc dans une phase de difficultés tant dans la pratique qu’au niveau des idées. L’Europe communautaire, on le sait, a toutefois déjà connu de telles impasses. Le prix Nobel qui lui a été attribué cette année rappelle que la construction européenne est issue de la volonté de sécuriser la paix par la démocratie et la prospérité. Ces trois valeurs de paix/démocratie/prospérité mises en avant par les rédacteurs des traités européens et qui paraissent avoir suscité progressivement le consensus résultent en fait d’un processus ancien. Notre démarche propose d’en préciser le cheminement sur le temps long. Elle ne s’interdit pas bien entendu, plus près de nous, l’examen de temporalités plus courtes, conjoncturelles, événementielles. La présente crise nous incite quant à elle à nous demander si le socle de valeurs sur lequel l’Union européenne s’est développée est réellement enraciné, partagé de la même façon par tous les Européens, ou si des conceptions profondément différentes persistent dans le temps et dans l’espace.

1. Au cours de ce séminaire, il s’agira plus particulièrement de confronter les imaginaires aux expériences politiques et sociales, pour déterminer leur part respective : est-ce le monde des représentations qui a façonné l’Europe, ou bien les faits qui ont façonné les représentations de l’Europe ? Sur le temps long, depuis le XVIIIe on a bien assisté au développement d’une idée d’Europe très articulée, utilisée par des cercles généralement restreints ; celle-ci a parfois influencé les imaginaires – représentations plus largement partagées – sur l’Europe, mais ces derniers ont eu bien d’autres sources et se sont parfois chargés de connotations très négatives. On se demandera ici comment les imaginaires de l’Europe ont nourri l’action politique et sociale, des Lumières à nos jours, comment a contrario les évènements ont pu jouer dans le sens d’une extension, d’un approfondissement, ou au contraire comme un frein. On pourra procéder par comparaisons dans le temps et dans l’espace, en détectant des phases de progrès et des phases de recul, déterminer les facteurs ayant oeuvré sur plus de deux siècles en faveur ou en défaveur d’une unification politique de l’Europe.

2. L’approche interdisciplinaire devrait permettre de mesurer les freins, les moteurs et les enjeux, en ajustant la focale sur différentes échelles. L’action politique mérite en effet d’être envisagée à plusieurs niveaux, eux-mêmes liées aux époques considérées : impérial, international, transnational, supranational, national, régional, local… Comment, quand, avec quelle intensité, l’idée d’Europe parvient-elle à irriguer les imaginaires aux différents échelons ? On pourra procéder à des sondages dans divers lieux géographiques et expériences historiques. Comment ces échelons interagissent-ils entre eux sur la question de l’unification européenne ? Trouve-t-on aujourd’hui des représentations distinctes de l’Europe selon les territoires, leur histoire, leurs traditions administratives ?

3. Dans quelle mesure l’Union européenne serait-elle devenue un « modèle politique » reconnu pour les États souhaitant y adhérer ou pour d’autres régions du monde ? Des regards extérieurs à l’UE peuvent, à ce stade, être sollicités pour mesurer le degré de reconnaissance de ce modèle, sa pertinence, sa solidité, en bref les différentes représentations qu’il suscite. À l’inverse, on envisagera aussi bien les critiques de ce modèle.

Programme de l'année 2012-2013 :

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